Musée de l’Histoire Vivante
Musée d’Histoire sociale et ouvrière

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Samedi 17 novembre 2018

Le Samedi 17 novembre 2018 de 14 heures à 17 heures le musée de l’histoire accueille un après-midi consacré à Madeleine et Louis Odru dans le prolongement de l’inauguration du groupe scolaire qui portera leurs deux noms. (Voir l’invitation complète ci-dessous.)
Louis, décédé en 2004, aurait eu cent ans en décembre prochain. Madeleine les aurait eu l’an dernier. Tous deux sont nés effectivement à la fin de cette Première guerre mondiale dont nous venons durant quatre ans de rappeler les mémoires, de faire l’histoire. De mémoires, Louis et Madeleine nous rappelaient celles du second conflit mondial, pas seulement la leur, celles de leur engagement respectif au mitan des années 1930. Louis, dans le pays niçois. Madeleine, dans la région de Rouen. Puis, la guerre, l’Occupation, la Résistance et pour Madeleine la déportation du fort de Romainville à Mathausen en 1945, en passant par Auschwitz-Birkenau où elle arrive, elle et 230 autres femmes du convoi des 31.000 le 24 janvier 1943. Parmi ses camarades Marie-Claude Vaillant-Couturier, Helène Solomon, Charlotte Delbo, Maïe Politzer et Danielle Casanova - toutes deux ne reviendront pas. Madeleine n’aimait pas se souvenir de ce temps, des horreurs auxquelles elle dut faire face, de ce combat quotidien pour rester debout dans l’indignité, la saleté et la puanteur. Tenir et résister à la machine nazie. Survivante, elle continua son combat en témoignant, en poursuivant son engagement, demeuré sans faille après cette sinistre et douloureuse épreuve. Elle prenait sur elle pour dire « non, je ne me tairai pas » face aux ténébres.
Louis, lui, est arrêté en novembre 1940 et condamné à cinq ans de prison en 1941. De prisons en prisons, de Clermont-Ferrand, à Bergerac en Dordogne, un temps au camp de Mauzac, il sera transféré à Villefranche-de-Rouergue d’où il parviendra à s’échapper le 6 juin 1944, jour du débarquement de Normandie et début de la Libération de la France. Libération à laquelle, aussitôt il participe et concoure en libérant l’Aveyron et le Tarn.
Engagé.e.s, ils furent donc, choisissant, elle et lui, la Résistance plutôt que la trahison et l’indignité de la Collaboration. Madeleine et Louis se rencontrent là où leur engagement les conduit. à Verdun en octobre 1947, à l’occasion d’une lutte initiée par le PCF et la CGT à propos de péniches chargées de sucre (provenant des états-Unis) et en direction de l’Allemagne. C’est le coup de foudre entre eux. Tous deux communistes, résistant.e.s, et en plus enseignant.e.s. l’amour les unit. Ils ne se sépareront plus, mais préserveront leur singularité, leur indépendance. Madeleine n’est pas le genre d’épouse à disparaître derrière son mari. Tous deux poursuivront ce chemin difficile, contrarié, fait de promesses d’espoirs et de tristesses, voire de désillusions, toujours debout, digne et honnête envers eux-mêmes et leurs proches. L’histoire, l’engagement, la mémoire, ne pouvaient, une fois installés à Montreuil que les conduire à la rencontre de notre musée et de deux de ses fondateurs qui allèrent devenir des amis, en plus d’être des camarades : Jacques Duclos et Daniel Renoult. Ils lièrent aussi, tous les deux, une amitié solide et sincère avec Marcel Dufriche. Ce dernier, devenant à son tour président de notre association, sut obtenir le soutien de Louis Odru, mais aussi de Madeleine durant toutes ces années à partir de 1951. Pour chaque exposition ou événement se rapportant à la Résistance, à la déportation, aux fusillés de Châteaubriant, aux convois des 31.000 et des 45.000, à la Libération de Paris et de Montreuil, Louis et Madeleine accompagnèrent le musée dans cette restitution d’histoire, apportant leur témoignage mais aussi leurs convictions sur le « nécessaire devoir de mémoire », sur l’engagement actif lorsque l’on est confronté à l’arbitraire, au fascisme, à l’extrême-droite négationniste et nostalgique du pétainisme. Louis manifestait aussi de l’intérêt, de la passion pour l’histoire du mouvement ouvrier, de la République, et l’on pouvait lire dans ses yeux, sur son visage cette lumière de joie du savoir et de la raison à contempler ou à découvrir une gravure de la Révolution française, de la Commune de 1871, ou une photographie de Jaurès, des cartes postales de grèves en France, des couvertures de magazine sur le Front populaire et l’Espagne. Toutes celles et ceux qui ont travaillé au musée à la direction de l’association ou dans l’équipe de salarié.e.s, gardent toutes et tous le souvenir des sourires de Louis, de son élocution pleine de vie, de cet accent fleuri, de la discrétion de Madeleine de son regard pénétrant, et de cette prestance à être elle-même, de leurs mots à tous les deux, de leurs paroles, de l’engagement qui fut le leur que nous respections, de l’amitié qu’ils nous accordaient. Un groupe scolaire portera leurs noms dorénavant à Montreuil, ils conservent tous les deux à jamais notre tendre amitié et enrichissent notre mémoire. Oui, ils nous manquent.

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